Très cher ami Bertin Koovi,
J’accuse bonne réception de ce texte et de sa lecture par tes soins que tu as bien eu la courtoisie et l’amitié de m’envoyer, et je t’en sais gré.
Il est juste à regretter qu’un esprit aussi brillant comme toi, ait pu être recruté pour prêter sa voix à un exercice d’aussi bas étage, dont la finalité est aisément lisible entre les lignes. C’est tout comme si aucun membre de ce qui a été nommé cabinet n’était capable d’en faire la lecture. C’est bien curieux, n’est-ce pas ?
Être en mesure d’obtenir dix pour cent (10 %) des suffrages exprimés au plan national lors d’une élection n’est ni un projet de société, ni une offre politique, encore moins une offre de législature. Le débat et l’animation de la vie politique doivent avoir pour socles des idées, des propositions, un projet, et non du superfétatoire.
Par ailleurs, et juste pour mémoire, il me plaît de rappeler à ton attention que nous avons déjà vu, dans ce pays en 2016, une coalition, à laquelle appartenait le député dont le soi-disant cabinet aurait produit ce chiffon, chanter à qui voulait l’entendre que le match était déjà plié (se fondant sur une certaine arithmétique de l’époque). Elle avait lamentablement échoué face à la coalition de la rupture, qui n’était à l’époque créditée que d’un pourcentage quasi nul.
Les résultats d’une élection, comme tu dois le savoir, sont l’expression de l’opinion d’un peuple à un moment donné. Si le peuple devait avoir la même opinion à tout moment, pourquoi n’entérinerions-nous pas les mêmes résultats à chaque élection plutôt que d’engager d’énormes ressources pour l’organisation périodique de nouvelles élections ?
Arrêtons de nous ridiculiser, car la loi a clairement stipulé qu’un parti politique au Bénin, et tout parti politique disposant d’un récépissé définitif, est réputé national. Encore une fois, je demande à toute la classe politique, toutes tendances confondues, de travailler à l’émergence d’un militantisme de qualité, pour mettre fin à ce militantisme de caniveau.
Aucun développement de notre pays n’est possible sans un militantisme de qualité. Est-ce parce qu’il y a des notes éliminatoires à un examen que des candidats supposés faibles doivent s’associer à ceux supposés forts pour affronter, en groupe, les épreuves dudit examen ?
Retenez, une fois pour toutes, que ce n’est pas avec le bâton ou le vinaigre qu’on attire une mouche. Ce n’est pas non plus avec le dénigrement qu’on courtise une femme. Arrêtez de dire aux populations que leurs localités seront exclues si leur parti politique, majoritaire dans ces localités, ne remporte aucun siège local pour défaut de performance au plan national, car tous les partis politiques présentent des candidats de ces localités. Si des filles ou fils d’une localité perdent les élections parce que leur parti politique, bien que majoritaire localement, n’a pas pu obtenir les performances requises au plan national pour lever des sièges au plan local, les sièges reviendront à d’autres filles ou fils de la même localité, dont les partis politiques auront obtenu les performances exigées, comme ce fut le cas dans la ville de Porto-Novo aux élections municipales et communales de 2020. À moins qu’on ne me démontre que le conseil municipal de Porto-Novo n’est pas composé des filles et fils de cette ville, parce que le parti majoritaire à Porto-Novo avait été recalé pour défaut des dix pour cent (10 %) au plan national.
Enfin, je voudrais ici me préoccuper, au plus haut point, du vrai mobile derrière ce dilatoire, et espérer qu’il a été bien réfléchi. Car réduire l’expression populaire (élections) à l’appartenance exclusive à trois regroupements politiques est une insulte à nos populations et à leur intelligence, un mépris pour leur libre arbitre, une confiscation de leur droit et de leur liberté, ainsi qu’un déni de démocratie et de la souveraineté du peuple.
Nous sommes le 29 août 2025.
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O.H.S Jacques AYADJI
Président du Parti Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (MOELE-BÉNIN)