_La composition du premier gouvernement du président Romuald Wadagni, dévoilée ce week-end, confirme la ligne tracée depuis 2016 : rigueur budgétaire, digitalisation et stabilité de l’équipe régalienne. Avec 22 ministres et 3 ministres délégués, l’exécutif se veut resserré et orienté résultats_ .
La justice et la sécurité restent dans la continuité. Yvon Detchenou est reconduit au ministère de la Justice et de la Législation. À l’Intérieur et à la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé Moussa est nommé ministre délégué auprès du président de la République. À la Défense nationale, Gildas Agonkan occupe le même statut. Ce choix consacre un pilotage direct des questions régaliennes depuis la présidence.
Dans les secteurs sociaux, la stabilité prévaut. Benjamin Hounkpatin conserve le ministère de la Santé, Véronique Tognifodé celui de la Famille et de l’Action sociale, et Janvier Yahouédéou celui de la Décentralisation et de la Gouvernance locale.
L’éducation garde son découpage en trois ministères : Armand Kuyema Natta aux Enseignements maternel et primaire, Clément Kouchadé à l’Enseignement secondaire, et Sèdami Mèdégan Fagla à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique, avec un volet formation technique rattaché. La communication reste confiée à Aurélie Adam Soulé Zoumarou, figure de la stratégie digitale depuis 2016.
*Reconfiguration de l’économie et montée en puissance du numérique*
Au cœur du dispositif économique, le changement est notable. Aristide Medenou, ancien directeur général adjoint des Impôts, prend les rênes du ministère de l’Économie et des Finances, chargé de la Coopération. Pour absorber la charge, trois ministres délégués sont placés auprès du MEF : Nicolas Yenoussi aux Finances et à la Microfinance, Rodrigue Chaou au Budget et à la Fonction publique, et Hugues Oscar Lokossou à la Mobilisation des ressources extérieures et à la Gestion de la dette. L’organisation traduit une priorité : maîtriser la dette et sécuriser les financements extérieurs.
Sur le front diplomatique, Corinne Amori Brunet succède à Olushegun Adjadi Bakari aux Affaires étrangères. Ce dernier récupère un super-ministère du Tourisme, du Commerce extérieur, de l’Industrie et de la Promotion de l’investissement privé. L’objectif est d’aligner la diplomatie économique et l’attractivité du pays.
La digitalisation franchit un cap avec la création d’un ministère de la Transformation digitale et de l’Innovation, chargé de la stratégie nationale d’intelligence artificielle, confié à Mahuna Akplogan. C’est la première fois que l’IA apparaît explicitement dans l’intitulé d’un portefeuille ministériel au Bénin.
*Jeunesse et ajustements sectoriels pour la relance*
La jeunesse fait une entrée remarquée. Yassine Latoundji est nommé à la Culture, aux Arts et au Patrimoine, tandis que Benoît Dato prend les Sports et l’Engagement civique. Deux nominations qui visent à donner un visage plus jeune à l’exécutif.
Les autres secteurs clés voient des reconductions et des ajustements. Adin Yeton Bloukounon Goubalan reste à l’Agriculture, à l’Élevage et à la Pêche. Edouard Dahome conserve l’Énergie, l’Eau et les Mines. Georges Ale dirige le ministère du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable. Awaou Baco hérite des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’emploi, avec la formation professionnelle. Shadiya Alimatou Assouman prend le Commerce intérieur et la formalisation de l’économie.
Avec cette équipe, le président Wadagni affiche trois priorités : préserver la crédibilité macroéconomique, accélérer la transformation numérique, et maintenir la continuité administrative pour éviter tout ralentissement des réformes.