Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a lancé, mardi 25 novembre 2025, la 4ème édition de son forum des médias. Entièrement consacré aux Maladies tropicales négligées (MTN), l’événement a réuni par visioconférence, des experts internationaux et des journalistes en provenance de 40 pays africains. À l’ouverture, le Professeur Awa Marie Coll Seck a rappelé l’ampleur de ces maladies qui continuent d’affecter les populations les plus vulnérables du continent, et souligné l’urgence d’un engagement politique ferme pour les éliminer.
Dieudonné SODABI
Maladies invisibles. Les MTN constituent un véritable problème de santé publique en Afrique. Elles frappent les plus vulnérables. Selon le Professeur Awa Marie Coll Seck, plus de 600 millions d’Africains touchés. Ils sont pour la plupart victimes de l’aveuglement, de la défiguration, des handicaps sévères, des douleurs chroniques, de la stigmatisation sociale et autres. Malgré ces conséquences douloureuses, les MTN bénéficient peu d’attention des décideurs. C’est d’ailleurs ce qui justifie le choix du thème : << De la négligence à la mise en lumière : faire avancer l’agenda africain pour l’élimination des MTN>> par le REMAPSEN pour son 4ème forum des médias à Cotonou. Selon le Président Youssouf Bamba, en choisissant ce thème, le REMAPSEN entend replacer ces maladies au centre des priorités sanitaires du continent.
Des succès connus
Pour le Professeur Awa Marie Coll Seck, l’Afrique a déjà prouvé que l’élimination des MTN est possible. En guise exemples, le Dracunculose dont l’élimination est à portée de main, la Trachome: éliminé au Ghana, au Togo et au Malawi, la Filariose lymphatique éliminée au Togo, premier pays africain à réussir cet explolt. L’Onchocercose dont plusieurs foyers historiques ont disparu au Sénégal, notamment à Bakel et Kédougou. Ces réussites souligne l’ancienne ministre sénégalaisse de la santé, montrent que la détermination politique, l’implication communautaire et la mobilisation des partenaires peuvent changer la donne. A l’en croire, des initiatives stratégiques ont permis ces avancées. Il s’agit des campagnes de chimio-prévention de masse, la coordination transfrontalière, indispensable pour des maladies qui ignorent les frontières, l’approche One Health, reliant santé humaine, santé animale et environnement, les agents de santé communautaires, » héros du dernier kilomètre », la recherche et l’innovation locales, notamment en entomologie et en diagnostic rapide. Lesquelles stratégies, constituent une base solide pour accélérer l’élimination. << Les MTN ne sont pas périphériques. Elles sont au cœur de notre souveraineté sanitaire, de notre dignité et de notre développement>>, a-t-elle noté pour dire que l’élimination des MTN renforcera la préparation et la réponse aux futures menaces sanitaires, la confiance des communautés, les capacités des chaînes d’approvisionnement, et l’innovation locale.
Des défis persistants
Malgré des succès, des défis persistent. Au rang de ceux-ci, figurent notamment la faible visibilité politique les baisses de financement après le retrait des bailleurs, les Systèmes WASH insuffisants, les populations difficiles d’accès, les chaînes d’approvisionnement fragiles et les données limitées pour cibler les interventions. <<Pour éliminer les MTN, il faut affronter ces obstacles structurels>>, a lancé le Professeur Awa Marie Coll Seck. Ces défis persistants, engendrent des MTN qui continuent de miner la vie quotidienne de millions de personnes. Il s’agit de l’onchocercose, responsable de démangeaisons insupportables et de la cécité des rivières; la schistosomiase, qui touche particulièrement les enfants et entraîne hématurie et lésions chroniques ; la filariose lymphatique, qui provoque des incapacités sévères et une lourde stigmatisation et la dracunculose, dont l’émergence du ver de Guinée cause des douleurs extrêmes. << Ce sont des maladies que nous savons prévenir, diagnostiquer et traiter. Ce qui manque, c’est la volonté, la coordination et la persévérance >>, a insisté Pr Coll Seck.
A signaler qu’après le lancement officiel de ce forum, les travaux seront poursuivis les 29 et 30 janvier 2026 à l’hôtel Azalaî à Cotonou. Ceci, à la faveur de la journée mondiale de lutte contre les maladies tropicales négligées