Le Bénin, en partenariat avec le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Alliance africaine pour l’économie circulaire (ACEA), a officiellement lancé, mercredi 4 février 2026 à l’hôtel Novotel de Cotonou, son Plan d’action pour l’économie circulaire 2025-2035. Cette feuille de route stratégique, financée par le Fonds pour l’économie circulaire en Afrique (ACEF), vise à accélérer la transition du pays vers un modèle de développement plus durable, inclusif et créateur d’emplois. La cérémonie a réuni des représentants du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des acteurs du secteur privé, de la société civile ainsi que des experts nationaux et internationaux engagés dans la promotion de la circularité en Afrique.
Dieudonné SODABI
Il sa’agit d’un plan d’action qui inclut une stratégie de financement qui repose sur la mobilisation de ressources nationales et internationales, des investissements privés et des partenariats avec des acteurs régionaux et internationaux, un modèle de gouvernance en deux étapes à savoir: une étape technique pour l’économie circulaire de 2025 à 2027 aboutissant à une agence de l’économie à partir de 2027et jusqu’à 2035, un plan de mis en œuvre œuvre et un cadre de suivi et évaluation . Plus qu’une simple stratégie environnementale, l’ambitieux plan constitue une véritable opportunité pour le Bénin de transformer ses secteurs cles vers la circularité, de renforcer son indépendance économique et de contribuer à un développement durable et inclusif. Dans son allocution, le Directeur général de l’environnement et du climat, Adjinda Adjakou, a souligné l’importance de ce plan pour la gestion environnementale au Bénin. « La feuille de route pour l’économie circulaire est un instrument décisif de gestion environnementale… Elle décline les valeurs opérationnelles pour passer d’un modèle économique linéaire à un modèle circulaire intégrant l’ensemble du cycle de vie des produits », a-t-il déclaré. Pour lui, ce plan marquera la transition du Bénin vers une économie circulaire » et le permettra d’être la locomotive africaine du train des pays déjà engagés dans ce processus ».
L’appui déterminant de la Banque africaine de développement
Représentant la BAD, Robert Masumbuko s’est félicité de l’engagement du Bénin en matière de circularité. « Le Bénin fait déjà beaucoup de choses. La Banque africaine de développement est très fière de s’insérer comme un pilier d’appui à l’économie circulaire dans le pays », a-t-il indiqué. Dans le même sens, Al-Hamndou Dorsouma, chef service environnement et climat à la BAD, a rappelé que le véritable défi commence maintenant avec la mise en œuvre effective du plan. « Le travail vient de commencer… Une chose est de concevoir le plan, une autre est de le mettre en œuvre. Nous restons engagés à accompagner le Bénin dans cette phase cruciale », a-t-il assuré.
L’économie circulaire : une opportunité pour l’emploi et l’innovation
Spécialiste finlandais de l’économie circulaire, Petri Wanner a mis en exergue les avantages socio-économiques du modèle circulaire. « Les activités circulaires créent beaucoup plus d’emplois que la mise en décharge ou l’incinération. Ce qui était autrefois un déchet devient une matière première, et ce qui était un coût devient une opportunité économique », a-t-il expliqué. Il a également salué les pratiques traditionnelles béninoises de réutilisation et de réparation, soulignant que la feuille de route permettra de les moderniser grâce à l’innovation et à la recherche. « La feuille de route envoie un signal fort aux entrepreneurs, aux investisseurs et aux jeunes : c’est ici que se construit l’avenir », a-t-il conclu.
Une ambition forte du gouvernement béninois
Clôturant les interventions, le Ministre du Cadre de vie et du Développement durable en charge des Transports, José Didier Tonato, a réaffirmé la vision du gouvernement. « Adopter l’économie circulaire, c’est rompre avec le modèle ‘consommer et jeter’ pour promouvoir une gestion efficiente des ressources et une valorisation des déchets », a-t-il déclaré. Selon lui, ce plan est en parfaite cohérence avec le Programme d’actions du gouvernement (PAG 2021-2026) et les Objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux relatifs à la consommation durable et à la lutte contre le changement climatique. « D’ici 2035, le Bénin ambitionne de devenir le leader de l’économie circulaire en Afrique francophone… Nous visons 70 % de valorisation des déchets afin de réduire les investissements dans les centres d’enfouissement », a-t-il précisé. Le ministre a enfin