Le sous-secrétaire d’Etat britannique aux forces armées, James Heappey, décrit, dans un entretien accordé au « Monde » la perte par la Russie de son navire amiral « Moskva », l’assistance militaire de Londres à l’Ukraine et analyse les raisons de l’échec de la première phase de l’offensive russe.

James Heappey, ancien officier devenu numéro deux du ministère de la défense britannique, a servi en Afghanistan et en Irlande du Nord. Sous-secrétaire d’Etat britannique aux forces armées, il détaille l’aide militaire offerte aux Ukrainiens par le Royaume-Uni.
Marioupol est sur le point de tomber. Quelles leçons en tirez-vous pour la suite de la guerre ?
Clairement, la situation est très précaire. Il faut voir les choses dans un contexte plus large. Les Russes contrôlent la mer d’Azov, donc le port sur cette mer n’a plus du tout l’importance stratégique qu’il avait. La résistance opposée par les Ukrainiens à Marioupol a siphonné une énorme partie des ressources militaires russes ; certaines unités russes, parmi les meilleures, envoyées de Crimée et du district militaire sud de la Russie, ne sont plus en état de combattre. La bataille de Marioupol a posé le cadre de ce qui va venir ensuite un combat beaucoup plus équilibré entre les forces ukrainiennes et les forces russes dans l’est du pays.
La chute de Marioupol, si elle se confirme, ne change pas vraiment les choses sur le plan stratégique. Si j’étais à la place des Ukrainiens, je considérerais la défense de Marioupol comme l’événement-clé qui a amené les Russes à revoir leurs ambitions territoriales et à réviser leurs plans. Elle permet aux Ukrainiens de réduire la menace pour le reste du pays, et d’aborder le combat au Donbass avec plus de chances de succès.
